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Compagnie Médiévale Les Lions de Guerre

La Compagnie Médiévale des Lions de Guerre est une association Loi 1901 dont la vocation est de recréer et restituer le Moyen-âge à travers différentes activités.

Les Membres fondateurs des Lions de Guerre sont tous des médiévistes chevronnés, qui ont décidés, après plusieurs années dans différentes troupes de construire ensemble une troupe qui leur ressemble.

Les Lions de Guerre

Lions de Guerre : notre période historique

La Compagnie médiévale des Lions de Guerre s'intéresse à l'époque de la Guerre de cent Ans, et se positionne dans l'année 1380, après la signature du traité de Brétigny-Calais.

Les Membres de la Compagnie Médiévale des Lions de Guerre sont fascinés par cette année qui marque un grand tournant dans les conflits qui ravagent la France. Répondant à l'appel de ses gens maltraités par les bandes de routiers , la lance de notre chevalier part au combat bien décidée à en découdre.

Il était une fois .. en l'an de grâce 1380..

Le froid est encore ardent, avivé par le vent du Nord. Pourtant, Pâques est déjà passé et l’hiver ne devrait plus mordre ainsi. Le chevalier maugrée en remontant le pan de son mantel, dérobant ainsi sa gorge à la bise glaciale. Il est inquiet et jette des coups d’oeil furtifs vers les bas-côtés, à la recherche de tout bruit suspect. Ses hommes, à ses côtés, serrent la hampe de leur arme d'hast. La forêt est dense, par ici, et c’est le dernier territoire de son fief qu’il n’a pas exploré. Les bandits doivent s’y terrer et il lui faut les débusquer avant de tomber dans leur embuscade.

Seize ans, déjà, qu’ils sont en guerre. Le monde d’avant Crecy, d’avant les guerres et les famines, lui semble aujourd’hui presque irréel. Parfois, pour oublier les nuits passées à bivouaquer et les journées à chevaucher, il se réfugie dans ses vieux souvenirs. Il n’avait pas douze ans quand son père est parti du château avec ses soldats. Qu’il avait fière allure en son armure ! En montant à cheval, le seigneur avait passé sa main dans les cheveux de son fils et lui avait promis, entre deux rires, de lui rapporter l’épée d’un Godon. Cette image est le fantôme de son père, la seule qui lui reste.

De Crécy, une poignée d’hommes seulement est revenue. Puis Poitiers vit la ruine d’un Royaume de France déjà saigné par la Grande Peste. Aux grandes batailles succèdent les escarmouches, aux famines les épidémies. La paix, aujourd’hui, n’est à ses yeux qu’une folie à laquelle peuvent encore croire, seulement, les jouvencelles et les moines. Qu’a apporté le Traité de Brétigny ?

En mettant un terme au conflit, il a jeté sur les routes des centaines de compagnies qui, désoeuvrées, errent en quête de pillages et de rapines. Les puissants ont beau jeu de faire la paix, de rincer le sang de leurs féaux tombés les armes à la main d’une rasade d’hypocras ! Son père est tombé au service du roi, lui faillit mourir à Poitiers. Et, tandis que dans les cours ducales et les palais princiers l’on fête depuis des mois la paix, le voilà contraint d'affronter des routiers jusqu’aux portes de son château !

Ses pensées se font plus diffuses. Bercé par le pas chaloupé de sa monture, le chevalier commence à s’assoupir. Soudain, du coin de l’oeil, il lui semble apercevoir une ombre se faufilant dans les taillis qui bordent la route. Le sommeil le quitte en un instantet il sent monter en lui la terrible excitation qui précède chaque bataille. Le sang bat ses tempes et un sourire féroce s’accroche à ses lèvres et il tire du fourreau la vieille épée de son père.

- Sus ! Point de merci à ces vauriens !

Ils n’ont connu, depuis seize ans, que la guerre et ses carnages. Ils savent tous ce qu’elle vaut et ont appris à l’aimer au fil des campagnes. Beaucoup d’entre eux ont embrassé la grande faucheuses et plusieurs, n’ayant pu esquiver totalement sa lame, en gardent de douloureuses cicatrices. Mais pourrait-il se résoudre à la vie de châtelain, n’occupant ses journées qu’en chasses et grivoiseries ? Ses hommes, vétérans de Crecy et de Poitiers, sur les routes depuis seize ans, pourraient-ils prendre femme et s’établir comme fermiers ? Et si c’était la paix, finalement, qui les terrifiaient tous ?